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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 19:16
13h32, après avoir mangé, je me connecte à MSN histoire de voir si j'ai des mails. Là je vois dans le pseudo d'une copine : "en exam ajd". Tiens c'est bizarre, elle passe un exam ? On est dans la même promo donc... Juste après je reçois un appel : "T'es où ? L'éco c'est aujourd'hui, là à 13h30 !"

Je me revois encore, prêt à aller lire mes mails et quelques infos sur le net, une madeleine à la main. Je crois que ce souvenir me restera non pas comme une reminiscence de mon enfance à la manière d'un Marcel Proust, mais plutôt comme une journée qui sera devenue une belle galère ! Une pensée m'envahi à ce moment là : j'ai deux épreuves. Il y'en a une que j'ai révisée assez bien ce week-end et l'autre... Eh bien l'autre je pensais le faire cet après-midi. En tout cas j'avais prévu de réviser et non pas de la passer ! Je ne sais pas pourquoi, j'étais persuadé que c'était demain. C'est assez surprenant de se dire qu'il suffit d'un rien, d'un coup de fil ou d'un mot laissé sur un pseudo pour que tout votre univers vole en éclat. J'étais là, ma madeleine lachée sur le sol, prêt à m'asseoir dans mon siège et l'instant d'après je me rasais tout en m'habillant et ce, de manière à ne pas arriver trop tard pour l'exam.

14h, j'y suis arrivé, juste à temps. J'ai pu passer mon épreuve. Du moins j'ai essayé puisque le sujet ne me disait rien. Je n'avais pas eu le temps d'apprendre mon cours. En ce qui me concerne, la madeleine ne ravivra pas de souvenirs extraordinaires ! Il y a des jours comme ça...

"Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi." (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu)
Par El Bachatero - Publié dans : Histoires
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